reponse culturelle sociale titre

De prime abord, on pourrait croire que lorsque les personnes souffrant d’hypersensibilités environnementales parlent de leur souffrance ou font des demandes d’accommodement auprès de leur entourage, elles reçoivent une écoute sympathique et compréhensive de la part des autres. Après tout, personne ne prétend que les symptômes des personnes atteintes ne sont pas réels, même si les chercheurs ne s’entendent pas tous sur la cause la plus probable de ceux-ci.

reponse culturelle sociale img1Hélas, tant les anecdotes des personnes atteintes que les études scientifiques révèlent que c’est fréquemment le contraire qui se produit. Souvent, les personnes souffrant d’hypersensibilités environnementales ne sont pas prises au sérieux ou ne sont tout simplement pas crues. Elles deviennent marginalisées dans leurs lieux de travail et perdent parfois leur emploi. Elles peuvent avoir à affronter des collègues de travail qui portent encore plus de parfum, des voisins qui utilisent encore plus de pesticides ou des concierges qui répandent encore plus de produits de nettoyage dans le but de démontrer qu’il n’y aura strictement aucune concession à leur égard. Elles perdent des amis qui refusent de croire qu’elles ne peuvent plus se rendre au centre commercial ou dans un cinéma. Elles peuvent être ostracisées au sein même de leur famille. En plus d’être malades, les personnes atteintes sont donc souvent obligées d’affronter des expressions d’hostilité de la part de leur entourage quand elles témoignent de leur état ou osent demander un accommodement. Évidemment, ce n’est pas le cas de tout le monde, mais il est clair que les hypersensibilités environnementales provoquent une réaction généralement plus négative que d’autres types de maladies chroniques plus connues comme l’insuffisance respiratoire ou les allergies.

Pourquoi les hypersensibilités environnementales provoquent-elles tant d’hostilité de la part de certaines personnes? Sans prétendre avoir une réponse définitive à cette question, nous pouvons quand même faire un certain nombre d’observations à ce sujet. Dans un premier temps, la légitimité de n’importe quel handicap invisible (maux de dos, condition cardiaque, diabète, etc.) est plus susceptible d’être remise en question que celle des handicaps manifestement visibles, comme celui qui fait que la personne doit se déplacer en fauteuil roulant ou avec un chien-guide. En effet, le corps de la personne atteinte d’hypersensibilités environnementales paraît tout à fait intact, alors… comment se fait-il qu’elle souffre d’une maladie grave provoquée, de surcroît, par des molécules invisibles à l’œil nu qui ne semblent pas affecter les autre?

Ensuite, les gens expriment leur identité et leur individualité par leur habillement, leur coiffure, mais aussi par les parfums qu’ils portent. C’est grâce à ces traits distinctifs qu’ils tentent de se rendre beaux et désirables. Leur annoncer qu’ils empoisonnent le corps des autres par cette affirmation de leur identité intime est souvent perçu – à tort – comme une attaque personnelle. De plus, changer la façon de se laver, de se coiffer et de s’habiller représente plus qu’un simple inconvénient à cause de la valeur symbolique de ces rituels et la manière dont ces comportements sont profondément ancrés dans nos habitudes. Il est plus facile de se retourner contre la personne hypersensible que de se remettre en question en tant que membre de la majorité.

reponse culturelle sociale img2Et puis, plusieurs personnes ne veulent pas considérer la possibilité que la pollution chimique et électromagnétique ambiante ou les moisissures dans les édifices soient en train d’altérer leur corps à elles aussi. Refuser de reconnaître le tort subi par les personnes hypersensibles leur permet de continuer à se croire, elles, en sécurité. En effet, plusieurs auteurs associent la réponse culturelle négative aux hypersensibilités environnementales à la menace à long terme que celles-ci représentent pour notre système économique basé sur le développement industriel et pour notre façon laxiste actuelle de gérer les risques associés à la production de substances chimiques toxiques et à l’utilisation des technologies modernes.

Mais peu importe l’explication sur les gestes d’hostilité posés à l’égard des personnes atteintes d’hypersensibilités environnementales, il n’en demeure pas moins que de tels gestes sont inacceptables. Par ailleurs, pour comprendre la souffrance des personnes atteintes, il est important de savoir que souvent, en plus d’être malades, celles-ci ont dû faire face à la négation de leur maladie et endurer l’expression de gestes d’hostilité à leur égard. Leur confiance dans leur entourage et dans le monde en général s’en retrouve souvent fortement ébranlée.

Partagez vos ressources !

Chaque personne souffrant d’hypersensibilités environnementales est une mine d’informations quant aux ressources disponibles dans sa région. Vous connaissez des professionnels compréhensifs, sensibilisés, accommodants? Les meilleurs endroits pour se procurer des produits adéquats ou recevoir des services ? Pourquoi ne pas les mettre en commun ?

PARTAGEZ CONSULTEZ

UQAM - service au collectivitésTELUQ
Association pour la santé environnementale du Québec
Logo-Quebec invAvec la participation financière du ministère
de l’Éducation, du Loisir et du Sport. 

Traduction de français à anglais a été rendu possible en partie grâce au Ministère du Patrimoine canadien et ASEQ-EHAQ